Atelier

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Le but est de vous faire découvrir qu’à une époque où faire du maquettisme devient de plus en plus onéreux en France, avec quelques outils et un peu de technique, de la patience (beaucoup), de la documentation en ce qui concerne les maquettes historiques, quelques boîtes et certains jouets mêmes, on peut arriver malgré tout à quelque chose de très présentable…

Techniques avancées

Le film "Fury" qui narre sur une courte période la vie de l'équipage d'un Sherman en avril 1945 en pleine débâcle allemande permet de mettre en avant ce véhicule, fer de lance de l'armée américaine lors de la guerre de 1939-45...

Les "easy eight", peu nombreux à la fin de la guerre, seront utilisés notamment lors de la guerre de Corée. Le kit de la marque Dragon - sorti en 1994 - marque réputée pour la qualité de gravure de ses modèles, moyennant un prix plus élevé - est choisi...

Premier problème : la chenille. Elle se présente patin par patin à coller...

Cela ne serait pas un souci s'il ne fallait coller à chaque patin, le petit ergot  qui est creux, et dont il faut poncer les quatre côtés pour éliminer le joint avant de le fixer à la superglue... Et il y en a des dizaines !!! Autant vous dire que le collage n'est pas aisé, d'autant plus qu'avant il faut fixer le train de roulement pour se repérer pour les courbures de patin.

Deuxième problème : les deux galets de roulement centraux n'ont aucun repère pour la fixation sur la caisse (oubli ?!). Donc, sans la chenille, impossible de connaître leur centrage exact et... réciproquement !

Finalement, l'obstacle est contourné avec un autre jeu de chenilles d'une seule pièce dont les ergots ne correspondant pas sont coupés au cutter et remplacés par ceux de Dragon collés un à un à leur place... Travail de longue haleine sur un plastique mou...

La grille moteur est modifiée elle-aussi en deux parties distinctes avant d'être collée...

Troisième problème : On passe au masque du canon : sur la photo, les trous de visée ne correspondent pas et le frein de bouche du canon s'apparente plus à celui des panzers qu'au Sherman...

Autrement dit : tout est faux. Impossible de le mettre à l'envers. Il est remplacé par une pièce Italeri venant de la boîte à surplus...

Quatrième problème : pour une maquette de cette qualité, la tourelle est fermée et ne communique pas avec l'intérieur de la caisse.

Le canon s'arrête au masque. Pas de culasse ni de détails si l'on veut laisser les trappes ouvertes... D'autre part, des sièges seront aménagés dans la caisse pour le conducteur et le mitrailleur, visibles depuis les puits de tourelles...

On créait donc un plancher en trompe-l'oeil au ras de la tourelle (on aurait pu aussi ôter le plancher), puis une culasse  complète et des accessoires à l'intérieur dont les sièges. Le tout est peint et vieilli avant fermeture...

Les deux parties de la tourelle sont collées et il faut bien veiller à mastiquer le joint tout autour puis poncer pour le faire disparaître.

(A gauche après ponçage, à droite avant ponçage)...

Des poignées de fixation sont collées latéralement, créées à base de baguettes Evergreen...

Aménagement de la plage arrière. Arceaux en photodécoupe pour les feux, bâche en papier toilette humidifié à la colle à bois. Le bidon à droite est réalisé en métal. Les garde-boue arrière sont refaits également en métal...

Les troncs latéraux qui protègent la caisse. De petites branches mortes dont on a enlevé l'écorce découpées à la bonne dimension...

Le tout est ajusté à l'aide de cordages...

La poutre frontale est un morceau de balsa recoupé. Des pattes en métal sont fixées pour la maintenir. Un casque allemand et un masque à gaz sont ajoutés sur le feu avant droit ainsi que des épiscopes de trappe. Le galet "de secours", non fourni, vient d'un autre kit...

Cinquième problème : les garde-boue avant sont trop courts par rapport aux extensions d'ailes latérales. Ils sont d'abord affinés à la meuleuse (bien trop épais pour l'échelle), puis une pièce est collée pour rattraper l'extention d'aile...

Vue arrière...

Le frein de bouche du canon est modifié. Le paquetage fixé... Tout ce qui peut être peint directement sur le modèle est mis en place et collé...

 

Peinture

 

 

A noter, la couleur bizarre du char constatée dans le film, qui tire plus sur le bleu nuit que sur le vert armée des Sherman (je confirme pour les « pinailleurs » !). Et cela ne vient pas du film. Des photos de tournage attestent de cette couleur. Cela laisse penser que ce char a dû être récupéré pour le scénario dans quelque surplus ou a dû être recyclé entretemps…A moins qu’il est servi en Corée en 1950 et hérité de cette couleur…

Bref, la couleur est réalisée à partir de Tamiya XF61 et Hobby color H54 navy blue...

 

 Puis on passe un léger dry-brush de XF61 éclairci légèrement. Le nom "Fury" est peint sur le canon en blanc. Des touches de blanc simulent des impacts de tir sur la caisse...

La protection étanche du masque  du canon étant absente (curieux non pour un char en campagne ? Mais acceptable pour le cinéma...), des pattes sont ajoutées, le câblage en fil métallique, le tout est collé...

L'ensemble du véhicule a reçu un jus très dilué de terre d'ombre avec un peu de terre de sienne à l'huile.

Début de la peinture des paquetages et de la poutre frontales.

Peinture des paquetages, casques, caisses. Des caisses en carton sont fixées...

Vue frontale avec les impacts sur la glacis...

Autres effets sur l'ensemble de la caisse et tourelle...

Pose des decals sur les flancs et à l'arrière de la caisse. De la poudre de pastel est utilisée pour accentuer les salissures et rouille...

Vue 3/4 arrière droit. La bâche de reconnaissance pour l'aviation est une feuille de plomb repliée et peinte en rouge fluo. Pour la petite histoire, les allemands ont vite compris la signification de ce signe et l'ont appliqué à leurs panzers, obligeant les alliés à modifier tous les  jours les couleurs à l'aide d'un code...

Autre vue, les mitrailleuses sont frottées à la mine de plomb pour accentuer l'effet métallique...

 On voit des impacts de tir sur la tourelle qui ont détruit le paquetage latéral...

Ci-dessus, trois vues montrant les finitions. Le canon et les bords de tourelle reçoivent du vernis satiné. On constate de la brillance à ces endroits où l'équipage s'appuyait souvent...

 

Le décor

 

 

 

Un simple socle en balsa déjà utilisé qui va avoir une seconde vie...

Il est enduit de colle à carrelage diluée dont on dépose divers flocages puis on fait l'empreinte des chenilles...

On utilise un marron 29  et un 98 Humbrol et l'on fait une sorte de bouillie que l'on dispose sur le sol et le train de roulement du char (avec légèreté pour le train)...

Après séchage complet, on applique un vernis à bois brillant et transparent dans les trous d'eau...

 

Les figurines

 

 

Montage et peinture de l'équipage en résine. On n'oublie pas les insignes et galons... 

... Et mise en place...

Au total, beaucoup de travail sur ce kit, que je ne recommande pas aux débutants... Ni à personne...

D'autres maquettes l'ont supplanté depuis...

 

 

 

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